Créatif: Ricoh GR IV?
Chargé comme un mulet pendant les vacances, c’est pas cool.
Ceux qui suivent mon podcast ou mon blog depuis un moment le sauront, je n’aime pas du tout changer de matériel, et il faut donc une très bonne raison pour que je me résigne à le faire.
Pour les appareils qui me servent à travailler, je change en général tous les 4 ans pour des raisons de fiabilité, et ma priorité est de retrouver l’appareil le plus proche possible de celui que j’ai utilisé jusqu’à maintenant: mêmes accessoires, mêmes menus, même ergonomie. Jusqu’ici, je touche du bois, Fuji pérennise la série des X-T que j’utilise depuis le premier modèle et je n’ai donc pas de gros souci à me faire de ce coté là, même si le X-T4 et son écran pivotant m’ont fait quelques frayeurs heureusement vite gommées par le X-T5.
Pour l’appareil de la vie de tous les jours, c’est un mélange de praticité par rapport à mes appareils principaux et de choix ergonomique en fonction de mes priorités du moment. Un des critères principaux, comme je n’aime pas gérer des tonnes de matériel différent, c’est notamment d’utiliser les mêmes batteries que mes appareils principaux, et idéalement les mêmes accessoires, notamment les flashes. Si les profils colorimétriques peuvent être similaires, c’est un plus vu que je me sers parfois de mes appareils perso en pro, mais ce n’est pas la priorité. Mon ordre de priorités, c’est ergonomie, puis compatibilité, puis similarité des profils.
C’est comme ça qu’en 2020, au moment de choisir mon appareil personnel, j’ai choisi un X100V: l’ergonomie était parfaite pour moi, il était plus compact que mes X-T3 tout en gardant le même système de molettes, les batteries et les flashes étaient les mêmes, et le capteur identique. Quand je suis passé au X-T5, j’ai perdu la compatibilité des batteries, et les profils ont légèrement changé, mais l’appareil était bien en place dans mon workflow et ça ne m’a pas gêné outre mesure. Jusqu’aux dernières vacances.
Comprenez moi: je suis le photographe de la famille depuis toujours, logique. J’ai toujours eu un appareil autour du cou et j’ai toujours géré 100% des photos sans souci. Mais ces vacances, avec trois enfants dont un petit en poussette, des sacs pour lui à trimballer, un sac en bandoulière pour mes affaires plus l’appareil autour du cou, et peu d’énergie après quelques semaines bien chargées et beaucoup de marche sous un soleil qui tape fort, je n’avais pas envie. J’avais bien envie de faire des photos, mais pas envie de faire l’effort d’allumer l’appareil, de le régler, de réfléchir, de cadrer, de faire la photo, de retenter d’autres angles, et de le remettre autour du cou. Pas envie d’être un photographe, pour une fois. Trop lourd, trop d’étapes, trop contraignant, l’appareil m’a vraiment pesé cette fois-ci.
En parallèle, je voyais ma femme avec son iPhone faire des photos de tout et de rien, sans se prendre la tête, et ça a fait tilt: je ne peux pas me contenter d’un smartphone, mais j’ai envie d’un appareil plus petit, moins sérieux, moins rigide, et j’ai envie de faire des photos sans la pression de faire des photos, parce qu’en vacances, je ne devrais pas me sentir comme au boulot. Pour cette fois, il me faut quelque chose de radicalement différent de mes appareils de boulot, et ça ne sera pas un gros sacrifice vu que j’ai perdu à peu près toutes les similarités importantes entre mes appareils perso et pro en passant au X-T5.
En tant que fanboy de Daido Moriyama, je ne peux pas ignorer l’attrait du snapshot, et c’est même un aspect que j’ai tenté à de multiples reprises dans ma street photography, sans jamais aller vraiment au bout de la logique, parce que tout simplement j’ai toujours un appareil “sérieux” entre les mains et que l’air de rien, ça pèse dans les choix que je fais.
Et en parallèle, je vois nombre de mes camarades me vanter la série des Ricoh GR, et même mon camarade de sorties photo, Gaël, y est passé récemment et ne tarit pas d’éloges dessus. Certaines fonctions, comme le Snap Focus, semblent faites pour moi, et je me dis que c’est peut-être l’appareil avec lequel je pourrais m’autoriser à changer mon workflow pour le fluidifier, et shooter directement en JPEG. Manque le viseur, et la focale ne correspond pas à la façon dont je vois les choses, mais justement, c’est différent, et pourquoi changer si c’est pour retrouver exactement la même chose?
Donc ma décision, c’est de changer mon appareil du quotidien pour totalement autre chose: un Ricoh GR IV. Un appareil qui ne ressemble pas à un appareil pro. Une focale qui ne correspond pas à mes habitudes. Quelque chose qui va me sortir totalement de ma zone de confort habituelle et me permettre de faire des photos sans me dire “je suis photographe” à chaque fois que je le sors. Et m’autoriser à être un touriste plutôt qu’un photographe en vacances. Peut-être aussi l’occasion de me relancer et de me challenger à publier une bonne photo par jour, histoire d’en profiter pour me réconcilier avec les réseaux sociaux?
Je ne l’ai pas encore acheté, parce que mes décisions d’achat sont toujours pesées et réfléchies, que je me donne le temps de bien acheter, de bien vendre ce qui va financer l’achat, et que je commence tout juste à me mettre en chasse du meilleur deal. Mais la décision est prise: je vais faire évoluer ma photo personnelle de façon drastique dans les semaines à venir, et rejoindre la communauté Ricoh qui me semble bien développée. Je suis impatient d’y être.